Ratesopedia

Une vision claire des placements à privilégier dès maintenant pour les portefeuilles canadiens en 2026.

L’avis de Ratesopedia : À l’aube du printemps 2026, les investisseurs canadiens devront composer avec une croissance modérée, des taux d’intérêt stables et des opportunités sectorielles spécifiques, plutôt qu’avec une euphorie généralisée sur les marchés. La pause de la Banque du Canada à 2,25 % ouvre des perspectives pour les actions versant des dividendes, les CPG à court terme et certaines valeurs de croissance dans les secteurs de la technologie et de la défense. Privilégiez les bilans solides et des attentes de rendement réalistes plutôt que les paris spéculatifs.

Pour déterminer dans quoi investir aujourd’hui, il faut comprendre où en sera l’économie canadienne en 2026. L’indice composé S&P/TSX oscille près de ses sommets historiques, au-dessus de 31 000 points, mais la croissance reste modeste, avec une prévision d’environ 1,4 % pour 2026-2027. L’inflation se situe près de l’objectif de 2 % de la Banque du Canada, tandis que les nouveaux droits de douane américains ont fait grimper le taux moyen sur les exportations canadiennes à près de 6 %. Ce contexte favorise les flux de trésorerie résilients et un positionnement défensif plutôt qu’une prise de risque agressive.

Pour ceux qui souhaitent explorer un éventail plus large d’options d’investissement, notre guide d’investissement présente les stratégies fondamentales pour toutes les catégories d’actifs. Nous examinons ci-dessous des opportunités spécifiques, étayées par les données actuelles du marché et la conjoncture économique.

La situation économique du Canada en 2026

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % jusqu’au début de l’année 2026, après avoir procédé à des baisses qui ont contribué à la réévaluation de nombreuses valeurs du TSX. La croissance s’est stabilisée autour de 0,75 % au second semestre 2025, les prévisions tablant sur 1,4 % pour la période 2026-2027. Ce contexte favorise des valorisations boursières modérées et rend les titres à revenu fixe plus prévisibles que lors des cycles de taux volatils.

Les difficultés liées aux droits de douane ont un impact significatif. Les nouvelles taxes américaines ont contraint les entreprises à repenser leurs chaînes d’approvisionnement et à diversifier leurs marchés d’exportation. Les secteurs exposés à la demande intérieure ou aux matières premières — banques, énergie, sociétés minières aurifères, services publics — sont sortis relativement gagnants. Le chômage a légèrement augmenté, mais la situation financière des ménages reste suffisamment stable pour soutenir les entreprises orientées vers la consommation et présentant des caractéristiques défensives.

Pour les épargnants canadiens qui comparent les rendements garantis, les meilleurs comptes d’épargne et les CPG offrent une visibilité plus claire que les actions, même si les rendements ont baissé par rapport aux sommets atteints en 2024. Le contexte macroéconomique suggère de privilégier les entreprises de qualité, dont la capacité à générer des flux de trésorerie est avérée, et de faire preuve de patience plutôt que de se laisser entraîner par la dynamique à court terme.

Les secteurs phares pour les investisseurs canadiens

Actions des banques canadiennes

La Banque Royale du Canada et la Banque de Montréal ont affiché des résultats records à la fin de l’année 2025, grâce à une hausse de 40 à 50 % des bénéfices tirés des marchés financiers et à la bonne santé de leurs activités de gestion de patrimoine. Malgré un marché immobilier en perte de vitesse et un taux de chômage élevé, plusieurs divisions bancaires ont affiché des performances exceptionnelles. L’acquisition de HSBC Canada par la RBC a consolidé sa position sur le marché national, tandis que les bénéfices de BMO sur les marchés financiers ont plus que doublé au quatrième trimestre.

  • Dynamique des résultats : plusieurs segments affichent une bonne santé malgré un contexte économique difficile
  • Croissance des dividendes : des augmentations régulières reflétant une génération de trésorerie durable
  • Avantages liés à la taille : positions dominantes sur le marché et sources de revenus diversifiées
  • Écart de valorisation : des actions cotées à des niveaux inférieurs à ceux de leurs homologues américaines malgré des fondamentaux solides

La TD Bank constitue une autre option après la restructuration et le redémarrage menés sous la direction de son nouveau PDG, Raymond Chun. La TD Bank a cédé sa participation dans Charles Schwab afin de dégager des capitaux destinés à des rachats d’actions et à des investissements dans ses activités, se positionnant ainsi pour la reprise à mesure que les problèmes réglementaires aux États-Unis se résolvent. Les taux et les conditions peuvent varier selon l’établissement financier.

Énergie et ressources naturelles

Canadian Natural Resources a atteint de nouveaux sommets sur 52 semaines en mars 2026, grâce à des volumes importants. Les analystes attribuent à CNQ une recommandation d’achat modérée, les estimations consensuelles ayant été revues à la hausse au cours du dernier trimestre. La diversification des actifs de la société, qui combine sables bitumineux, gaz naturel et actifs conventionnels, lui confère une bonne résilience face aux chocs liés à une seule matière première, tout en générant un flux de trésorerie disponible solide permettant de financer les dividendes et les rachats d’actions.

Les sociétés minières aurifères telles que Barrick ont profité de prix des métaux proches de leurs plus hauts historiques, ce qui a largement contribué à la surperformance du TSX en 2025. Alors que les banques centrales maintiennent leurs taux inchangés et que les risques géopolitiques restent élevés, l’or sert de couverture pour les portefeuilles. Selon les derniers commentaires des analystes, les indicateurs de flux de trésorerie de Barrick restent attractifs malgré une solide performance depuis le début de l’année.

  • Volatilité des matières premières : les cours du pétrole et de l'or fluctuent en fonction de la croissance mondiale, des décisions de l'OPEP et des événements géopolitiques
  • Pressions environnementales : les producteurs de pétrole lourd sont confrontés à des défis permanents en matière de réglementation et de réputation
  • Risques opérationnels : les sociétés minières sont exposées à des risques liés à l'exécution des projets, aux dépassements de coûts et à la situation politique, indépendamment des cours des métaux

Croissance dans les secteurs de la technologie et de la défense

Celestica a enregistré une forte hausse en 2025, portée par la demande en matériel informatique destiné aux centres de données d’IA. La société a récemment dépassé ses prévisions de bénéfices, revu à la hausse ses perspectives pour l’ensemble de l’année et intensifié ses rachats d’actions. Malgré cette progression, le cours de l’action se situe, début mars 2026, à environ un tiers en dessous des objectifs de cours consensuels des analystes, ce qui laisse entrevoir un potentiel de hausse supplémentaire pour les investisseurs à l’aise avec une exposition au secteur de l’électronique cyclique.

En mars 2026, MDA Space a réalisé une introduction en bourse de 300 millions de dollars américains à la Bourse de New York (NYSE), élargissant ainsi sa base d’investisseurs et levant des capitaux destinés à accélérer sa croissance. La société a fait état d’un carnet de commandes de 4 milliards de dollars et d’un portefeuille de projets en développement de 40 milliards de dollars, répartis entre les secteurs public et privé. Sa nouvelle filiale, 49North, se concentre sur les capacités de défense canadiennes, en phase avec l’augmentation des dépenses publiques consacrées aux infrastructures spatiales et de sécurité.

EntrepriseSecteurFacteur déterminantFacteur de risque
CelesticaMatériel d’IAForte augmentation de la demande en centres de donnéesÉvolution cyclique des dépenses technologiques
MDA SpaceDéfense et espaceUn carnet de commandes de 4 milliards de dollars, cotation à la Bourse de New YorkRisque lié à l’exécution du projet
ShopifyTechnologies du commerce électroniqueIntégration de l’IA, développement omnicanalPrime de valorisation, concurrence

Shopify reste une valeur de croissance de premier plan malgré les récents replis. L’action se négocie à un niveau inférieur à ses récents sommets, avec un rendement sur cinq ans de 22,36 % et un solide potentiel à long terme. Les analystes ont relevé leurs notes début 2026, invoquant les perspectives de croissance du chiffre d’affaires tirées par l’intelligence artificielle et la dynamique d’expansion mondiale.

Titres à revenu fixe et CPG

Alors que la Banque du Canada maintient ses taux inchangés, les certificats de placement garanti offrent des rendements prévisibles sans la volatilité des actions. Les taux ont baissé par rapport aux sommets atteints en 2024, mais restent attractifs pour la préservation du capital à court terme. Les durées vont de 30 jours à cinq ans, les principaux établissements proposant des taux compétitifs sur les produits d’un an et de 18 mois.

  • CPG d'un an : des taux compétitifs pour répondre à vos besoins de liquidités à court terme ; les taux varient selon les établissements
  • Placements à 18 mois : un juste équilibre entre rendement et flexibilité pour vos objectifs à moyen terme
  • Protection du CDIC : couverture pouvant atteindre 100 000 $ par catégorie et par établissement
  • Stratégie d'échelonnement : échelonner les échéances pour gérer le risque de réinvestissement et préserver la liquidité

Les perspectives 2026 de RBC Gestion de patrimoine recommandent d’allonger la duration des obligations d’État et de privilégier les bilans de qualité. Les titres à revenu fixe jouent un rôle de stabilisateur du portefeuille lorsque les actions sont confrontées à la volatilité liée aux différends tarifaires ou aux ralentissements économiques. Les taux et les conditions peuvent varier selon l’établissement financier.

Immobilier et fonds de placement immobilier (FPI)

Les sociétés d’investissement immobilier cotées (REIT) canadiennes ont entamé l’année 2026 avec des fondamentaux en plein essor. L’activité sur les marchés financiers a progressé de plus de 25 % en 2024, les sociétés ayant pu se refinancer à des taux plus avantageux. La croissance démographique tirée par l’immigration — avec un objectif de 395 000 nouveaux résidents permanents en 2025 — soutient la demande résidentielle, tandis que les contraintes d’offre confèrent un pouvoir de fixation des prix aux bailleurs bien positionnés.

Les sociétés d’investissement immobilier (REIT) dont l’activité repose sur les supermarchés, telles que RioCan et Choice Properties, bénéficient d’une fréquentation stable même lorsque les consommateurs réduisent leurs dépenses discrétionnaires. RioCan se négocie à 90 fois ses bénéfices avec un rendement de dividende de 5,8 %, ce qui reflète davantage une sensibilité aux rendements obligataires qu’une faiblesse opérationnelle. Choice Properties offre un rendement de 4,8 % à 15 fois ses bénéfices, soutenu par un portefeuille de loyers ancré sur Loblaw et des baux à long terme.

FPIEn brefRendement du dividendeAvantage clé
RioCanCommerce de détail axé sur l’alimentation5,8 %Portefeuille de projets urbains à usage mixte
Propriétés de choixcentres commerciaux dont Loblaw est l’enseigne phare4,8 %Locataires stables, baux de longue durée
Dream IndustrialEntrepôts, logistique5,3 %Les vents favorables du commerce électronique
Granite REITIndustriel haut de gamme3,8 %Bilan prudent

Les REIT industriels tels que Dream Industrial et Granite REIT tirent parti de la demande en logistique générée par le commerce électronique et le secteur manufacturier. Dream Industrial se négocie à 15,4 fois ses bénéfices avec un rendement de 5,3 %, tandis que le bilan plus solide et les actifs de meilleure qualité de Granite lui permettent d’afficher un rendement de 3,8 % à 19 fois ses bénéfices. Les distributions mensuelles offrent un flux de trésorerie régulier aux portefeuilles axés sur le revenu.

Stratégies de répartition des actifs

Les ETF d’allocation d’actifs tels que le XEQT et le VEQT ont tous deux enregistré un rendement de 20,45 % en 2025, bien qu’ils soient proposés par des prestataires différents. Ces fonds de fonds détiennent des milliers d’actions mondiales et sont automatiquement rééquilibrés, ce qui évite toute gestion continue du portefeuille. Pour les investisseurs en quête de simplicité, ces solutions « tout-en-un » offrent une diversification immédiate sur les marchés canadiens, américains et internationaux.

Le portefeuille d’ETF équilibré Vanguard (VBAL) propose une répartition 60/40 entre actions et obligations, qui permet d’amortir la volatilité des actions grâce à la stabilité des titres à revenu fixe. Lorsque les actions subissent des baisses, les obligations peuvent atténuer la chute ; lorsque les obligations sont en difficulté, ce sont les actions qui prennent le relais. Cet équilibre aide les investisseurs à conserver leurs placements pendant les périodes où ils pourraient autrement être tentés d’intervenir ou de vendre dans la panique.

  • Simplicité : un seul achat vous offre une diversification mondiale et un rééquilibrage automatique
  • Faible coût : des frais de gestion inférieurs à 0,25 % pour la plupart des ETF d'allocation d'actifs
  • Avantages fiscaux : détenus dans des comptes nominatifs tels que les CELI ou les REER afin de mettre à l'abri les gains
  • Discipline : Évite de prendre des décisions sous le coup de l'émotion lors des fluctuations du marché

L’investissement axé sur la croissance des dividendes reste une stratégie fondamentale au Canada. Les entreprises affichant une croissance annuelle des dividendes de 7 à 8 % ont historiquement enregistré une appréciation de leur cours de 6 à 9 % par an, générant ainsi un flux de revenus composé qui dépasse l’inflation. Des sociétés telles que Fortis, qui a augmenté ses dividendes pendant 52 années consécutives, illustrent parfaitement l’approche « acheter et conserver indéfiniment » privilégiée par les investisseurs à long terme.

Principaux éléments à prendre en compte en matière d’investissement

Les conditions actuelles du marché favorisent la sélectivité plutôt qu’une exposition généralisée. Alors que l’indice TSX avoisine des sommets historiques et que la vigueur des bénéfices se concentre dans certains secteurs spécifiques, les investisseurs se trouvent confrontés à un éventail d’opportunités plus restreint que lors des corrections boursières profondes. La volatilité liée aux décisions des banques centrales et à la politique commerciale devrait persister jusqu’en 2026.

  • Conséquences des droits de douane : les différends commerciaux sont source d'incertitude au sein de la chaîne d'approvisionnement et exercent une pression sur les marges des exportateurs
  • Marché immobilier : les renouvellements de prêts hypothécaires en 2026-2027 pourraient peser sur la qualité du crédit si le chômage venait à augmenter
  • Risque de change : les entreprises exposées au dollar américain sont confrontées à des fluctuations de leurs résultats dues aux variations du dollar canadien
  • Rotation sectorielle : l'attention s'est détournée des hausses généralisées pour se porter sur les titres de qualité dotés d'un pouvoir de fixation des prix

Les investissements alternatifs privés se sont ouverts aux investisseurs canadiens admissibles grâce à des fonds à durée indéterminée et à l’abaissement des seuils minimaux. Au cours de la dernière décennie, les marchés du capital-investissement ont désormais surpassé les marchés publics de 500 points de base par an, les opérations canadiennes sur le marché intermédiaire offrant des rendements supérieurs de 100 à 200 points de base à ceux d’opportunités comparables aux États-Unis. En contrepartie, ces placements présentent un manque de liquidité : des périodes de blocage de 3 à 7 ans avec des fenêtres de rachat trimestrielles ou annuelles.

Pour ceux qui souhaitent constituer des portefeuilles diversifiés sur plusieurs types de comptes, notre comparatif des comptes d’épargne vous aide à trouver les meilleurs taux pour vos fonds d’urgence et vos objectifs à court terme, en dehors des comptes d’investissement.

En résumé

Au printemps 2026, les investisseurs canadiens seront confrontés à une croissance modérée, à des taux stables et à des opportunités sectorielles plutôt qu’à une dynamique générale du marché. Les banques, l’énergie, l’or et certaines valeurs technologiques offrent les profils risque-rendement les plus évidents, soutenus par des fondamentaux solides et des valorisations raisonnables. Les titres à revenu fixe et les CPG offrent des rendements prévisibles pour la préservation du capital, tandis que les FPI génèrent des revenus mensuels grâce à des types d’actifs immobiliers défensifs.

Les ETF d’allocation d’actifs conviennent aux investisseurs qui recherchent la simplicité et une diversification mondiale sans intervention de gestion courante. Les actions à croissance de dividendes séduisent ceux qui privilégient les flux de revenus composés plutôt que les gains spéculatifs. Les placements alternatifs privés offrent des rendements potentiels plus élevés aux investisseurs qualifiés prêts à accepter un manque de liquidité.

Misez sur des bilans solides, une capacité avérée à générer des flux de trésorerie et des attentes réalistes. Évitez de courir après les valeurs gagnantes de l’année dernière ou de vous lancer dans des paris spéculatifs sans catalyseurs clairs. Avant d’engager des capitaux, évaluez votre tolérance au risque, votre horizon de placement et vos besoins en liquidités, puis constituez un portefeuille qui corresponde à vos objectifs plutôt qu’à l’actualité du moment. Restez informé grâce à notre newsletter pour recevoir des mises à jour régulières sur les marchés et des analyses d’investissement.

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Jean-Maximilien Voisine
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VérifiéRédigé par Jean-Maximilien VoisineMis à jour le 22 mai 2026Intégrité éditoriale

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