Le choix entre un FNB et un fonds commun de placement est l’une des questions les plus courantes auxquelles sont confrontés les investisseurs canadiens lorsqu’ils constituent leur portefeuille. Ces deux instruments de placement offrent une diversification et une gestion professionnelle, mais ils diffèrent par leur mode de négociation, leurs coûts et la manière dont ils s’intègrent à votre stratégie financière.
Que vous investissiez par le biais d’un CELI, d’un REER ou d’un compte imposable, comprendre les différences concrètes entre les fonds négociés en bourse et les fonds communs de placement peut vous aider à conserver une plus grande partie de vos rendements et à vous constituer un patrimoine plus efficacement.
Faites des choix d’investissement plus judicieux
Que sont les fonds communs de placement ?
Un fonds commun de placement rassemble les capitaux de milliers d’investisseurs et les utilise pour constituer un portefeuille composé d’actions, d’obligations ou d’autres titres. Vous achetez des parts directement auprès de la société de gestion, généralement par l’intermédiaire de votre banque ou d’un conseiller financier.
Le prix est fixé une fois par jour à la clôture du marché, en fonction de la valeur liquidative du fonds. C’est ainsi que la plupart des Canadiens font leurs premiers pas dans l’investissement : vous vous rendez dans une agence, vous ouvrez un REER, et votre conseiller place votre argent dans un fonds équilibré.
Le revers de la médaille, c’est le coût. Un fonds commun de placement en actions canadiennes géré activement facture en moyenne un ratio des frais de gestion compris entre 1,47 % et 2 %, ce qui inclut une commission de suivi versée chaque année à votre conseiller tant que vous détenez le fonds.
Lorsque d’autres investisseurs rachètent leurs parts, le gestionnaire du fonds doit vendre des titres pour dégager des liquidités. Si ces titres ont pris de la valeur, le fonds distribue les plus-values à tous les détenteurs restants, ce qui peut entraîner une facture fiscale dont vous n’êtes pas personnellement à l’origine.
Que sont les ETF ?
Un fonds négocié en bourse (FNB) détient un panier de titres, tout comme un fonds commun de placement, mais il se négocie à la Bourse de Toronto tout au long de la journée, à l’instar d’une action. Vous achetez et vendez des parts de FNB via un compte de courtage au cours du marché en vigueur.
En coulisses, de grandes institutions appelées « participants autorisés » veillent à ce que le cours de l’ETF reste aligné sur la valeur de ses actifs sous-jacents grâce à un processus de création et de rachat. C’est ce mécanisme qui confère aux ETF leur avantage en matière d’efficacité fiscale.
Au cours des derniers trimestres, les actifs des FNB canadiens ont atteint environ 775 milliards de dollars, avec plus de 1 700 FNB cotés à la Bourse de Toronto (TSX). La négociation sans commission est désormais la norme sur des plateformes telles que Wealthsimple, Questrade et National Bank Direct Brokerage.
Des études montrent que 22 % des Canadiens détiennent aujourd’hui un FNB, ce chiffre atteignant 25 % chez les jeunes investisseurs. Si vous comparez les comptes d’investissement et les programmes de fidélité des cartes de crédit, les FNB offrent une flexibilité qui s’accorde parfaitement avec une épargne rigoureuse.
Principales différences
Négociation et tarification
Les ETF se négocient pendant les heures d’ouverture des bourses, ce qui vous permet de bénéficier de cotations en temps réel et d’exécuter vos transactions rapidement. Le prix que vous payez varie en fonction du moment précis où vous passez votre ordre.
Le cours des fonds communs de placement est fixé une fois par jour, à la clôture de la séance. Quelle que soit l’heure à laquelle vous passez votre ordre, vous bénéficiez du même prix que tous les autres acheteurs de la journée, à savoir la valeur liquidative calculée après la clôture du marché, généralement vers 16 h, heure de l’Est.
| Fonctionnalité | FNB | Fonds communs de placement |
|---|---|---|
| Négociation | Pendant les heures d’ouverture des bourses | Une fois par jour, après la clôture du marché |
| Tarifs | Cours du marché en temps réel | Valeur liquidative en fin de journée |
| Types de commandes | Au marché, à cours limité, stop-loss | Uniquement les commandes basées sur la valeur liquidative |
| Montant minimum d’investissement | Prix d’une action, soit 1 $ | Souvent entre 100 et 3 000 dollars |
Structure des coûts
L’écart entre les frais des ETF et ceux des fonds communs de placement constitue le facteur le plus important pour les investisseurs à long terme. Les deux types de produits facturent des frais de gestion, mais la différence d’ampleur est considérable.
Les frais de gestion moyens pondérés en fonction de l’actif des fonds communs de placement canadiens à long terme s’élèvent à environ 1,47 %, tandis que les moyennes des FNB comparables varient entre 0,05 % et 0,32 %. Les taux et les conditions peuvent varier selon l’établissement financier.
Sur un portefeuille de 100 000 $ détenu pendant 25 ans, un écart de 1,75 % au niveau du RFG peut coûter plus de 155 000 $ — soit plus que l’investissement initial, somme entièrement perdue en frais. Les FNB indiciels de base offrent des coûts encore plus bas : le VCN facture environ 0,05 %, le XIC environ 0,06 % et le XSP près de 0,09 %.
- Des frais de gestion réduits : les ETF indiciels facturent généralement entre 0,05 % et 0,25 %, contre 1,5 % à 2 % pour les fonds communs de placement actifs
- Pas de commissions de suivi : les ETF n'incluent pas de rémunération des conseillers dans leurs frais
- Trading sans frais de courtage : la plupart des grandes sociétés de courtage canadiennes proposent désormais l'achat d'ETF sans frais de courtage
- Une tarification transparente : le TCA est clairement indiqué et la concurrence permet de maintenir les frais à un niveau bas
Optimisation fiscale
Lorsqu’un investisseur dans un fonds commun de placement rachète ses parts, le gestionnaire vend des titres de son portefeuille afin de dégager des liquidités. Si ces titres ont pris de la valeur, le fonds distribue des plus-values imposables à tous les détenteurs de parts restants : vous pourriez donc devoir payer des impôts simplement parce qu’un autre investisseur a quitté le fonds.
Les ETF contournent généralement ce problème grâce à des rachats en nature. Étant donné que les participants autorisés ont recours à un processus de création et de rachat, l’ETF peut céder des titres ayant pris de la valeur sans que cela ne donne lieu à un événement imposable. Lorsque vous vendez des parts d’ETF en bourse, le fonds lui-même n’a pas besoin de vendre quoi que ce soit.
Des données récentes montrent que seuls 7 % des ETF ont distribué des plus-values, contre 52 % des fonds communs de placement. Pour les investisseurs détenant des fonds dans des comptes imposables, cette différence s’amplifie considérablement au fil du temps.
Montants minimaux d’investissement
Les ETF n’imposent aucun montant minimum d’investissement : vous pouvez acheter une seule action si votre courtier vous y autorise. La véritable contrainte réside dans le fait que les commissions et les écarts entre cours acheteur et vendeur peuvent rendre les petits achats peu rentables, même si la plupart des grandes plateformes proposent désormais des fractions d’actions.
Le montant minimum de l’investissement initial dans un fonds commun de placement ne dépend pas du cours de l’action. Il s’agit plutôt d’un montant forfaitaire en dollars. De nombreux fonds communs de placement canadiens exigent un investissement initial compris entre 500 et 3 000 dollars, bien que certaines séries proposent des montants minimums inférieurs via des plateformes bancaires spécifiques.
Gestion active vs gestion passive
Les ETF comme les fonds communs de placement peuvent suivre des stratégies indiciaires passives ou des approches de gestion active. L’idée reçue selon laquelle tous les ETF sont passifs et tous les fonds communs de placement sont actifs est dépassée.
Les FNB à gestion active ont connu une croissance considérable et représentent désormais une part importante du marché. De même, les fonds communs de placement indiciels, tels que la gamme TD e-Series, répliquent les indices boursiers à un coût moindre que les fonds actifs traditionnels.
- Fonds indiciels passifs : ils répliquent un indice de référence avec un volume de transactions minimal et des frais réduits, et sont disponibles sous forme de FNB et de fonds communs de placement
- Fonds actifs : les gestionnaires de portefeuille prennent des décisions tactiques dans le but de surperformer l'indice, et facturent généralement des frais plus élevés
- Impact sur les coûts : selon les données du secteur, les fonds communs de placement en actions gérés activement affichent un ratio de frais de gestion moyen de 0,60 %, tandis que celui des fonds passifs s'élève en moyenne à 0,11 %.
- La réalité en matière de performance : des études montrent que, sur une période de 30 ans, l'investisseur en actions moyen a enregistré un rendement annuel inférieur d'environ 3,9 points de pourcentage à celui des indices boursiers, principalement en raison de décisions d'investissement prises sous l'emprise de l'émotion
Aspects pratiques
Automatisation et confort
Les fonds communs de placement indiciels permettent d’automatiser facilement les cotisations grâce à des plans d’achat préautorisés. Vous pouvez définir des montants précis à investir à chaque paie sans avoir à vous soucier du cours des actions ni à effectuer de transactions manuellement.
Les ETF nécessitaient auparavant des achats manuels, mais cela est en train de changer. Certaines plateformes proposent désormais des achats récurrents pour certains ETF, et la possibilité d’acheter des fractions d’actions auprès de courtiers tels que Wealthsimple vous permet d’investir n’importe quel montant.
Si vous investissez régulièrement de petits montants — disons 200 $ à chaque paie —, l’avantage que représente l’automatisation d’un fonds commun de placement peut l’emporter sur son RFG légèrement plus élevé. Si vous investissez des sommes plus importantes une ou deux fois par an, les FNB offrent généralement des coûts globaux moins élevés.
Le type de compte a son importance
Pour les investisseurs détenant un CELI ou un REER, l’avantage fiscal des FNB ne s’applique pas : les distributions de gains en capital n’ont aucune incidence fiscale immédiate au sein de ces comptes enregistrés. La différence de frais reste donc le critère principal à prendre en compte.
Dans les comptes imposables, les FNB indiciels à faible rotation qui réduisent au minimum les distributions de gains en capital contribuent à alléger la facture fiscale annuelle. Pour les professionnels exerçant en société qui investissent par l’intermédiaire de comptes d’entreprise, cet aspect revêt une importance encore plus grande compte tenu du taux d’imposition de 50 % applicable aux revenus passifs au sein des sociétés privées sous contrôle canadien.
Une nuance concernant l’exposition aux actions américaines : la retenue à la source américaine de 15 % sur les dividendes est supprimée dans le cadre d’un REER en vertu de la convention fiscale entre le Canada et les États-Unis, mais uniquement si vous détenez directement des FNB cotés aux États-Unis. Les CELI ne bénéficient pas de cet avantage, quelle que soit leur structure.
Coûts de transaction et comportement
Les ETF vous offrent une maîtrise intrajournalière, ce qui constitue à la fois un avantage et une tentation. Les cotations en temps réel peuvent conduire à des décisions irrationnelles en période de volatilité des marchés : la possibilité de négocier à tout moment peut jouer en défaveur des investisseurs enclins à réagir aux gros titres.
Les fonds communs de placement indiciels réduisent le nombre de décisions à prendre en exécutant tous les ordres à la valeur liquidative de fin de journée. Pas besoin de surveiller les cours, pas de tentation de tenter d’anticiper le marché. Pour certains investisseurs, cette simplicité constitue un véritable avantage.
- Volatilité intrajournalière : les cours des ETF fluctuent tout au long de la journée, ce qui peut entraîner des achats ou des ventes impulsifs lors des fluctuations du marché
- Écarts entre cours acheteur et cours vendeur : un petit coût caché à chaque transaction sur un ETF, particulièrement perceptible en cas d'achats fréquents de petits montants
- Risque lié aux ordres au marché : si vous n'utilisez pas d'ordres à cours limité, vous risquez de payer plus que prévu en période de forte volatilité
Quel instrument d’investissement vous convient le mieux ?
Pour la plupart des investisseurs canadiens qui cherchent à se constituer un patrimoine à long terme, les FNB indiciels constituent le choix par défaut. Les frais sont les plus bas, l’efficacité fiscale est optimale dans les comptes non enregistrés, et la négociation sans commission élimine les anciens obstacles.
Un ETF « tout-en-un » comme le XEQT ou le VGRO vous offre une diversification mondiale en un seul achat, pour des frais annuels compris entre environ 0,20 % et 0,24 %. Si vous cherchez également à optimiser vos produits financiers, renseignez-vous sur les comptes d’épargne à taux élevé pour constituer votre fonds d’urgence.
- Investisseurs autonomes : les ETF offrent un contrôle, une transparence et les frais les plus bas pour une gestion active de votre portefeuille
- Investissements forfaitaires importants : les frais de transaction liés aux ETF, répartis sur des montants plus élevés, deviennent négligeables
- Titulaires de comptes imposables : la structure des ETF permet de réduire au minimum les distributions de plus-values que vous n'avez pas provoquées
- Pour ceux qui souhaitent faire des économies : même une différence de 0,30 % au niveau des frais de gestion peut se traduire par des dizaines de milliers d'euros sur plusieurs décennies
Les fonds communs de placement indiciels restent une option intéressante dans certaines situations. Si vous versez 50 ou 100 dollars par mois et que votre courtier ne prend pas en charge les fractions d’actions d’ETF, un plan de cotisations préautorisées TD e-Series vous permet de verser sans difficulté de petits montants au dollar près.
Les cotisations au REEE s’intègrent également bien dans cette approche, notamment lorsqu’elles sont associées à des stratégies visant à optimiser les avantages bancaires et les remises en argent sur vos dépenses courantes.
| Votre situation | Un meilleur choix | Pourquoi |
|---|---|---|
| Cotisations mensuelles inférieures à 200 $ | Fonds commun de placement indiciel | L’automatisation empêche les frais de transaction de réduire les rendements |
| Versements forfaitaires trimestriels | Fonds indiciel | Un faible ratio de gestion permet de réaliser des économies supérieures aux frais de transaction occasionnels |
| Compte imposable faisant l’objet de rééquilibrages fréquents | ETF | Les rachats en nature permettent de réduire au minimum les distributions de plus-values |
| Uniquement un REER ou un CELI | L’un ou l’autre (en privilégiant le MER le plus bas) | L’avantage fiscal ne s’applique pas aux comptes nominatifs |
| Vous avez besoin de conseils professionnels | Fonds commun de placement ou ETF de la série F avec conseiller | Une structure tarifaire transparente pour l’accès aux services de planification financière |
En résumé
Le choix entre un FNB et un fonds commun de placement dépend des frais, de l’efficacité fiscale et de votre stratégie d’investissement. Pour la plupart des Canadiens, les FNB indiciels offrent le meilleur compromis entre frais réduits et flexibilité, d’autant plus que les transactions sans commission sont désormais la norme sur les principales plateformes.
L’écart de ratio de rendement (MER) entre un fonds commun de placement actif classique et un ETF couvrant l’ensemble du marché peut représenter une perte de plus de 155 000 dollars sur un portefeuille de 100 000 dollars sur une période de 25 ans. À elle seule, cette différence fait des ETF le choix par défaut pour la constitution d’un patrimoine à long terme, tant dans les comptes enregistrés que dans les comptes imposables.
Les fonds communs de placement indiciels restent une solution pratique pour les investisseurs qui privilégient les versements réguliers et automatiques et qui n’ont pas la possibilité d’acheter des fractions d’ETF. Le RFG légèrement plus élevé en vaut la peine si l’automatisation vous permet de rester constant et vous évite de prendre des décisions d’investissement sous le coup de l’émotion.
Quel que soit le produit que vous choisissiez, veillez à conserver vos placements tout au long des cycles du marché, à limiter les frais et à adapter votre stratégie d’investissement à votre horizon temporel. Le meilleur investissement est celui que vous conserverez pendant des décennies. Pour rester informé des meilleurs produits et stratégies financiers, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez les conseils d’experts directement dans votre boîte mail.
