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S’installer au Canada implique de se constituer une nouvelle assise financière, mais qu’en est-il du compte bancaire que vous avez laissé dans votre pays d’origine ? Que vous choisissiez de gérer vos comptes bancaires dans votre pays d’origine depuis le Canada ou de les clôturer définitivement dépend de vos liens à l’étranger, de vos besoins en devises et de vos obligations réglementaires. Cette décision a des répercussions sur tous les aspects, de la conformité fiscale aux virements bancaires quotidiens.

De nombreux nouveaux arrivants au Canada conservent des comptes dans leur pays d’origine pour des raisons légitimes : propriété immobilière, soutien familial, intérêts commerciaux ou simplement pour garder leurs options ouvertes. Cependant, la gestion de comptes à l’étranger nécessite de bien comprendre les règles canadiennes en matière de déclaration, les frais de transfert et les protocoles de sécurité.

Rester ou partir : ce que décident les nouveaux arrivants

La première question qui se pose aux nouveaux arrivants est de savoir s’il est judicieux, d’un point de vue pratique, de conserver un compte bancaire dans leur pays d’origine. Il n’y a pas de réponse universelle. Votre décision doit tenir compte de vos liens financiers réels et de vos projets d’avenir, et non pas simplement d’une question de confort ou d’habitude.

Pourquoi il est préférable de conserver votre compte

  • Biens immobiliers ou placements : si vous possédez des biens immobiliers, détenez des placements ou avez des intérêts commerciaux dans votre pays d'origine, le fait de conserver ce compte simplifie la perception des loyers, le versement des dividendes et le règlement de vos obligations fiscales.
  • Aide à la famille : il est bien plus simple d'apporter une aide financière régulière aux membres de sa famille lorsqu'on peut effectuer des virements entre comptes au sein du même pays plutôt que d'envoyer à chaque fois des virements internationaux.
  • Projets de retour : si vous prévoyez de revenir dans quelques années ou de conserver une double résidence, le fait de conserver votre infrastructure bancaire intacte vous évitera d'avoir à reconstituer votre historique de crédit et à renouer des relations bancaires par la suite.
  • Diversification des devises : le fait de détenir des fonds dans plusieurs devises peut vous protéger contre les fluctuations des taux de change, en particulier si vous percevez des revenus ou avez des obligations dans votre devise nationale.
  • Préservation de l'historique de crédit : certains pays vous permettent de conserver vos cartes de crédit et votre historique de crédit pendant votre séjour à l'étranger, ce qui reste utile si vous y revenez ou si vous y faites une demande de crédit.

Quand la fermeture est justifiée

  • Frais de gestion mensuels : si votre banque facture des frais que vous ne pouvez pas éviter en respectant les seuils de solde minimum ou les conditions d'activité, le fait de conserver un compte inactif vous fait perdre de l'argent inutilement.
  • Absence de liens actuels : lorsque vous avez vendu tous vos biens, réglé toutes vos dettes et que vous ne subvenez plus aux besoins financiers des membres de votre famille, ce compte n'a plus aucune utilité pratique.
  • Complexité en matière de conformité : la gestion de plusieurs comptes dans différentes juridictions entraîne des obligations déclaratives et des complications fiscales potentielles qui pourraient l'emporter sur les avantages pratiques.
  • Problèmes de sécurité : les comptes que vous surveillez rarement sont exposés à des risques de fraude, de prélèvements non autorisés ou de mesures relatives aux comptes inactifs, pouvant entraîner la saisie des fonds par les autorités publiques.

Envisagez d’ouvrir un compte courant canadien qui servira de point de contact bancaire principal. La plupart des grandes banques canadiennes proposent des offres spéciales pour les nouveaux arrivants, avec des frais offerts et des procédures d’ouverture simplifiées pendant les 12 à 24 premiers mois.

Obligations déclaratives auprès de l’ARC

Les résidents fiscaux canadiens doivent déclarer leurs biens immobiliers situés à l’étranger à l’Agence du revenu du Canada lorsque leur coût total dépasse certains seuils. Cette obligation s’applique, que vous ayez ou non tiré un revenu de ces biens au cours de l’année d’imposition.

Formulaire T1135 relatif aux revenus de source étrangère

La déclaration de vérification des revenus étrangers T1135 devient obligatoire lorsque la valeur de vos biens étrangers désignés dépasse 100 000 $ CA à un moment quelconque de l’année d’imposition. Ce seuil inclut les comptes bancaires, les comptes de placement, les biens immobiliers situés à l’étranger et les actions dans des sociétés étrangères.

  • Ce qui est pris en compte : les comptes bancaires à l'étranger, les titres étrangers, les biens immobiliers à l'étranger détenus à des fins d'investissement, les participations dans des fiducies non résidentes et les créances sur des non-résidents.
  • Ce qui n'est pas pris en compte : les biens à usage personnel, tels que les résidences secondaires, les biens utilisés exclusivement dans le cadre d'une entreprise en activité, ainsi que les avoirs détenus dans un REER ou un CELI.
  • Méthode d'évaluation : utilisez le coût d'acquisition en dollars canadiens au moment de l'acquisition, et non la valeur marchande actuelle, pour déterminer si vous dépassez le seuil.
  • Date limite de dépôt : veuillez joindre le formulaire T1135 à votre déclaration de revenus annuelle avant le 30 avril (ou le 15 juin pour les travailleurs indépendants).

Obligations envers le CANAFE

Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada surveille les mouvements transfrontaliers d’espèces et d’instruments monétaires. Ces règles s’appliquent lorsque vous transportez physiquement ou transférez de l’argent à l’étranger.

  • Seuil de déclaration : vous devez déclarer à l'Agence des services frontaliers du Canada toute somme en espèces ou tout instrument équivalent d'une valeur égale ou supérieure à 10 000 $ CA lors de votre entrée ou de votre sortie du Canada.
  • Virements électroniques : les banques déclarent automatiquement à CANAFE les virements électroniques internationaux d'un montant égal ou supérieur à 10 000 $ CA. Vous n'avez aucune déclaration à effectuer vous-même pour les virements légitimes.
  • Aucune obligation fiscale : la déclaration d'un transfert n'entraîne aucune obligation fiscale. La surveillance exercée par le CANAFE vise à lutter contre le blanchiment d'argent et non à des fins fiscales.

Effectuer un virement vers le Canada

Pour transférer des fonds de votre compte dans votre pays d’origine vers votre compte canadien, vous avez le choix entre les virements bancaires classiques et des services spécialisés. La différence de coût peut être considérable.

Frais de virement bancaire

Les grandes banques canadiennes facturent des frais pour les virements internationaux entrants et sortants. La banque de votre pays d’origine ajoute généralement ses propres frais d’émission. Les marges appliquées sur les taux de change constituent un coût caché qui dépasse souvent les frais de transaction visibles.

Type de transfertFrais bancaires courantsMarge de changeExemple de coût total
Virement sortant depuis le Canada15 $ à 30 $2 à 3 %230 $ sur 10 000 $
Virement entrant au Canada10 à 20 dollarsDéfinir par l’expéditeurVariable
Entre comptes propres0 à 15 $2 à 3 %215 $ sur 10 000 $

Les tarifs et les conditions peuvent varier selon les établissements financiers. Certaines banques exonèrent les titulaires de comptes premium des frais de virement bancaire ou pendant les périodes promotionnelles destinées aux nouveaux arrivants.

Services de transfert numérique

Les services spécialisés dans les transferts d’argent proposent généralement de meilleurs taux de change et des frais moins élevés que les banques traditionnelles. Ces plateformes fonctionnent en mettant en relation les transferts entre utilisateurs plutôt qu’en effectuant eux-mêmes des transferts transfrontaliers.

  • Wise : propose des taux de change conformes au marché intermédiaire, avec des frais exprimés en pourcentage et totalement transparents. Les délais de transfert varient de l'instantané à deux jours ouvrables, en fonction des paires de devises et des modes de paiement.
  • Remitly : propose des formules économique et express à des tarifs compétitifs pour certains axes. Particulièrement performant pour les virements vers les pays d'Asie du Sud et du Sud-Est.
  • OFX : permet d'effectuer des virements d'un montant élevé sans plafond et propose des contrats à terme pour bloquer les taux de change en vue de virements futurs.
  • Western Union : propose des options de retrait d'espèces dans le monde entier, ce qui s'avère utile lorsque les bénéficiaires ne disposent pas de compte bancaire, même si les frais ont tendance à être plus élevés que ceux des services exclusivement numériques.

Comptes multidevises

Certaines institutions financières et certains prestataires de services financiers canadiens proposent des comptes permettant de gérer plusieurs devises simultanément. Cette fonctionnalité est particulièrement utile pour les particuliers qui perçoivent régulièrement des revenus ou effectuent régulièrement des paiements en devises étrangères.

  • Conserver sans convertir : recevez des USD, des EUR, des GBP ou d'autres devises et conservez-les dans cette devise jusqu'à ce que vous décidiez de les convertir.
  • Choisissez le bon moment pour vos conversions : changez vos devises lorsque les taux vous sont favorables, plutôt que d'être contraint de les convertir dès leur réception.
  • Réduisez la fréquence des conversions : cumulez vos recettes en devises étrangères et convertissez-les par lots plus importants afin de minimiser l'impact des frais calculés en pourcentage.
  • Payer dans la devise d'origine : certains prestataires proposent des cartes de débit permettant d'effectuer des paiements directement à partir de votre solde en devises étrangères, ce qui évite toute conversion pour les achats effectués dans cette devise.

Considérations relatives à la sécurité et à l’accès

La gestion d’un compte bancaire depuis un autre pays pose des difficultés pratiques en matière d’accès, de contrôle de la sécurité et de respect des règles de votre banque d’origine.

Mise à jour de l’adresse et des documents

Les banques exigent des coordonnées à jour et peuvent restreindre l’accès aux comptes lorsqu’elles constatent un changement de résidence. La démarche à adopter dépend du fait que vous entreteniez ou non des liens réels avec votre pays d’origine.

  • Prévenez votre banque : informez votre banque dans votre pays d'origine de votre déménagement au Canada. Certaines institutions s'adaptent aux besoins des clients internationaux, tandis que d'autres peuvent exiger la clôture du compte.
  • Mettez votre adresse à jour : indiquez votre adresse au Canada pour la correspondance ou mettez en place un service de réexpédition fiable si votre banque exige une adresse locale.
  • Changements de statut fiscal : veuillez mettre à jour votre statut de résidence fiscale auprès de votre banque. De nombreux pays exigent que les banques traitent différemment les comptes détenus par des non-résidents.
  • Documents requis : certaines banques demandent régulièrement un justificatif de domicile ou une pièce d'identité. Veuillez vous assurer de pouvoir fournir des documents valides émis au Canada si nécessaire.

Accès en ligne et authentification

Les restrictions géographiques et les protocoles de sécurité peuvent compliquer l’accès à vos comptes dans votre pays d’origine depuis le Canada. Prévoyez à l’avance afin de garantir un accès ininterrompu.

  • Blocage des adresses IP : certaines banques limitent les tentatives de connexion provenant d'adresses IP étrangères afin de prévenir la fraude. Cela peut vous empêcher d'accéder à votre propre compte.
  • Authentification à deux facteurs : l'authentification par SMS échoue si vous ne pouvez pas recevoir de messages sur le numéro de téléphone de votre pays d'origine. Passez à l'authentification via l'application avant de déménager.
  • Changements de numéro de téléphone : le remplacement de votre numéro de téléphone mobile de votre pays d'origine par un numéro canadien peut entraîner des blocages de sécurité jusqu'à ce que vous ayez vérifié votre identité par d'autres moyens.
  • Questions de sécurité : veillez à bien retenir les réponses à vos questions de sécurité, car vous pourriez en avoir besoin pour récupérer l'accès à votre compte ou pour vérifier votre identité à distance.

Les défis liés à la surveillance de la fraude

Il est plus difficile de surveiller l’activité de son compte lorsqu’on vit à l’étranger. Mettez en place des dispositifs permettant de détecter rapidement les transactions non autorisées.

  • Alertes par e-mail : activez les alertes de transaction pour toute activité dépassant un seuil minimal. Grâce à une notification immédiate, vous pouvez détecter les fraudes en quelques heures plutôt qu'en plusieurs mois.
  • Fréquence de vérification recommandée : vérifiez vos comptes dans votre pays d'origine au moins une fois par mois. La détection des fraudes relève de votre responsabilité, quel que soit votre lieu de résidence.
  • Contact de confiance : désignez une personne de confiance dans votre pays d'origine qui pourra gérer les situations urgentes si vous ne parvenez pas à accéder à votre compte à distance.
  • Envoi des relevés : optez pour les relevés électroniques afin d'être certain de les recevoir sans faille. Le réexpédition du courrier postal n'est pas fiable pour les documents financiers.

Solutions bancaires numériques

La technologie a ouvert de nouvelles perspectives en matière de gestion financière transfrontalière. Ces solutions viennent compléter, voire parfois remplacer, les relations bancaires traditionnelles.

Programmes bancaires transfrontaliers

Plusieurs banques canadiennes proposent des programmes transfrontaliers intégrés qui simplifient la gestion des comptes au Canada et aux États-Unis. Les dispositifs similaires pour d’autres pays restent limités.

  • Services bancaires transfrontaliers TD : permettent aux clients d'ouvrir et de gérer à la fois des comptes au Canada et aux États-Unis via une plateforme en ligne unique, avec des exonérations de frais sur certains virements.
  • Services transfrontaliers de BMO : offrent des services bancaires coordonnés au Canada et aux États-Unis, avec des équipes d'assistance dédiées et des virements simplifiés.
  • Solutions transfrontalières de RBC : propose une gestion de compte intégrée aux clients ayant des besoins financiers tant au Canada qu'aux États-Unis.
  • Couverture géographique limitée : ces programmes se concentrent généralement sur les relations bancaires entre le Canada et les États-Unis. Les résidents d'autres pays doivent donc trouver d'autres solutions.

Plateformes internationales de technologie financière

Les entreprises de technologie financière ont mis en place des plateformes spécialement destinées aux personnes résidant dans plusieurs pays. Ces services viennent compléter, plutôt que remplacer, les banques traditionnelles.

  • Vue d'ensemble : certains logiciels de gestion des finances personnelles se connectent à des banques dans plusieurs pays, vous offrant ainsi un tableau de bord unique pour suivre tous vos comptes, quel que soit leur emplacement.
  • Outils de conversion de devises : les plateformes numériques proposent souvent de meilleurs taux de change que les banques traditionnelles, avec des structures tarifaires transparentes et des comparaisons de taux en temps réel.
  • Réseaux de paiement internationaux : les services qui facilitent les paiements à l'échelle mondiale vous permettent de détenir des soldes dans plusieurs devises et d'effectuer des virements entre celles-ci en toute efficacité.
  • Restrictions réglementaires : tous les services de fintech ne sont pas disponibles dans tous les pays. Vérifiez leur disponibilité tant dans votre pays d'origine qu'au Canada avant d'utiliser une plateforme.

Découvrez des conseils complets pour établir vos bases financières au Canada en passant en revue les comptes d’épargne à taux d’intérêt élevé qui peuvent vous aider à faire fructifier vos fonds transférés pendant que vous vous installez dans votre nouveau pays.

En résumé

La plupart des nouveaux arrivants au Canada ont intérêt à conserver leur compte bancaire dans leur pays d’origine pendant leur première année de résidence. Cette approche vous offre une certaine souplesse pendant que vous mettez en place vos bases financières au Canada et que vous déterminez la nature de vos liens à long terme avec votre pays d’origine. Ne fermez ce compte que lorsque vous n’avez plus aucune obligation financière, aucun actif ni aucun besoin de soutien familial dans ce pays.

Bien comprendre les obligations déclaratives de l’ARC permet d’éviter des erreurs de conformité coûteuses. Vous devez remplir le formulaire T1135 lorsque la valeur de vos biens situés à l’étranger dépasse 100 000 $ CA, et déclarer les mouvements de devises supérieurs à 10 000 $ CA lors de vos passages à la frontière. Ces obligations visent à prévenir l’évasion fiscale, et non à pénaliser les montages financiers internationaux légitimes.

Choisissez votre méthode de transfert d’argent en fonction du coût total, et non pas uniquement des frais annoncés. Comparez le montant que votre destinataire reçoit réellement après déduction de tous les frais et des marges appliquées au taux de change. Les services de transfert numérique offrent souvent un meilleur rapport qualité-prix que les virements bancaires traditionnels, en particulier pour les montants inférieurs à 50 000 $ CA. Avant de prendre votre décision, comparez les comptes chèques canadiens afin de trouver la meilleure option pour recevoir des virements internationaux.

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Gérer ses comptes bancaires dans son pays d’origine – FAQ

Jean-Maximilien Voisine
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Jean-Maximilien Voisine

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VérifiéRédigé par Jean-Maximilien VoisineMis à jour le 26 mai 2026Intégrité éditoriale

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