Ratesopedia

Lorsque les taux hypothécaires fluctuent, les propriétaires canadiens ayant souscrit un prêt hypothécaire à taux variable se demandent souvent s’ils ne devraient pas passer d’un taux variable à un taux fixe. Cette décision dépend de votre tolérance au risque, des conditions du marché et de vos objectifs financiers à long terme. Comprendre le processus et le moment opportun pour effectuer cette conversion peut vous aider à garantir des mensualités prévisibles sans avoir à résilier votre prêt hypothécaire.

Passer d’un taux variable à un taux fixe signifie remplacer votre taux d’intérêt variable — qui évolue en fonction du taux de base de votre prêteur — par un taux fixe pour une durée déterminée. La plupart des prêteurs autorisent cette modification en cours de contrat, souvent sans pénalité, même si le taux qui vous sera appliqué peut différer des offres annoncées.

L’avis de Ratesopedia

En mars 2026, l’écart entre les taux variables et les taux fixes reste faible, oscillant entre 0,44 et 0,54 point de pourcentage. Si vous pensez que la Banque du Canada maintiendra ou augmentera ses taux au cours de l’année à venir, opter dès maintenant pour un taux fixe pourrait vous protéger contre une hausse de vos mensualités. Si vous anticipez de nouvelles baisses, conserver un taux variable pourrait vous permettre de réaliser des économies. L’essentiel est d’adapter le moment de votre conversion à votre marge de manœuvre financière et à vos prévisions en matière de taux.

Qu’est-ce que la conversion d’un prêt hypothécaire ?

La conversion de prêt hypothécaire vous permet de passer d’un prêt hypothécaire à taux variable à un prêt hypothécaire à taux fixe sans résilier votre contrat actuel ni souscrire un nouveau prêt hypothécaire. Votre prêteur vous propose alors une durée fixe — généralement égale ou supérieure à la durée restante de votre prêt — en appliquant ses taux fixes actuels, qu’ils soient affichés ou réduits.

Cette option est intégrée à la plupart des prêts hypothécaires à taux variable au Canada, ce qui vous offre la possibilité de garantir la stabilité de vos mensualités si les conditions du marché venaient à changer. Le solde du capital, le calendrier d’amortissement et le prêteur restent inchangés ; seul le type de taux d’intérêt évolue.

En quoi cela diffère-t-il du refinancement ?

La conversion s’effectue dans le cadre de votre prêt immobilier actuel. Le refinancement consiste à remplacer votre prêt immobilier actuel par un nouveau, souvent auprès d’un autre prêteur. Le refinancement nécessite une demande de crédit complète, une vérification de vos revenus et une évaluation de votre capacité de remboursement en cas de crise. Il peut également entraîner des pénalités de remboursement anticipé.

La conversion permet généralement d’éviter ces obstacles. La plupart des prêteurs traitent les conversions en interne, sans nouvelle autorisation ni frais juridiques. Toutefois, le taux fixe qui vous est proposé correspond généralement au taux actuel affiché par le prêteur, qui peut être supérieur aux taux concurrentiels du marché.

Quand opter pour un taux fixe

Le moment opportun pour changer de taux dépend de trois facteurs : votre réserve financière, l’évolution des taux de la Banque du Canada et l’écart actuel entre les taux variables et les taux fixes. Si vous êtes en mesure de faire face à d’éventuelles hausses de taux et que vous pensez que de nouvelles baisses sont à venir, il peut être avantageux de conserver un taux variable.

Si une augmentation de vos mensualités de 300 à 500 dollars mettrait votre budget à rude épreuve, ou si vous privilégiez la prévisibilité des paiements plutôt que des économies potentielles, opter dès maintenant pour un taux fixe pourrait vous apporter une tranquillité d’esprit. Envisagez cette conversion lorsque l’écart entre votre taux variable et les taux fixes disponibles est modeste — il se situe actuellement entre 0,44 et 0,54 point de pourcentage.

Signaux du marché à surveiller

  • Déclarations de politique monétaire de la Banque du Canada : En mars 2026, la Banque a maintenu son taux de financement à un jour à 2,25 %, laissant entendre que de nouvelles baisses sont peu probables, à moins d'un affaiblissement de la conjoncture économique.
  • Rendements des obligations du gouvernement du Canada : les taux hypothécaires fixes suivent l'évolution des rendements des obligations à cinq ans, qui sont en hausse en raison des anticipations d'inflation et des pressions exercées par les marchés mondiaux.
  • Tendances de l'inflation : une hausse de l'inflation incite généralement la Banque du Canada à relever ses taux, ce qui entraînerait une augmentation des coûts des prêts hypothécaires à taux variable.
  • Stabilité du taux préférentiel : le taux préférentiel pratiqué par les principaux établissements de crédit s'établit à 4,45 % en mars 2026, inchangé depuis octobre 2025.

Qui devrait envisager de se convertir ?

  • Ménages aux revenus modestes : si une hausse des taux de 0,5 % risquait de peser sur votre budget mensuel, le fait de bloquer votre taux dès maintenant vous protège contre les hausses soudaines de vos mensualités.
  • Emprunteurs peu enclins à prendre des risques : les mensualités fixes éliminent l'incertitude, ce qui peut s'avérer utile si vous privilégiez la stabilité de votre budget plutôt que des économies potentielles.
  • Propriétaires à long terme : si vous prévoyez de rester dans votre logement pendant toute la durée du contrat, le fait de bloquer votre taux vous évite le risque de voir les taux de renouvellement augmenter d'ici trois à cinq ans.
  • À l'attention de ceux qui approchent du seuil critique : si votre prêt hypothécaire à taux variable avec versements fixes arrive à un stade où les versements ne couvrent plus les intérêts, la conversion peut vous éviter une amortisation négative.

Qui devrait opter pour un taux variable ?

  • Une bonne marge de manœuvre financière : si vous êtes en mesure d'absorber une hausse des taux de 2 % sans difficulté, le maintien d'un taux variable pourrait vous permettre de réduire vos coûts si la Banque venait à baisser à nouveau ses taux.
  • Horizon à court terme : si vous prévoyez de vendre votre bien ou de rembourser votre prêt immobilier dans les deux ans, le taux variable plus bas et la pénalité de remboursement anticipé modérée pourraient s'avérer plus avantageux.
  • Si vous pensez que la Banque du Canada baissera ses taux en dessous de 2,00 % au cours des 12 à 18 prochains mois, opter pour un taux variable pourrait vous faire économiser des milliers de dollars sur la durée du prêt.

Comment fonctionne la conversion

La conversion de votre prêt hypothécaire à taux variable en prêt à taux fixe prend généralement une à deux semaines. Votre prêteur traite cette modification en interne, en adaptant le type de taux d’intérêt tout en conservant inchangés le solde de votre capital, votre échéancier de remboursement et les caractéristiques de votre prêt hypothécaire.

La plupart des prêteurs exigent que la nouvelle durée fixe soit d’au moins trois ans ou, si ce chiffre est inférieur, de la durée restante de votre prêt initial. Par exemple, s’il vous reste quatre ans à courir sur un prêt hypothécaire à taux variable d’une durée de cinq ans, vous pouvez opter pour une durée fixe de quatre ou cinq ans, mais pas pour une durée de deux ans.

Processus de conversion étape par étape

  • Contactez votre prêteur : appelez votre conseiller en crédit immobilier ou rendez-vous dans une agence pour demander un devis de conversion. Renseignez-vous sur le taux fixe actuellement proposé pour la durée souhaitée.
  • Vérifiez le taux et les conditions : votre prêteur vous proposera son taux fixe affiché ou réduit, qui peut être supérieur aux taux annoncés pour les nouveaux emprunteurs. Vérifiez la durée du prêt, le montant des mensualités et toute modification concernant les conditions de remboursement anticipé.
  • Comparez avec les taux du marché : vérifiez si un refinancement auprès d'un autre prêteur vous permettrait d'obtenir un taux fixe plus bas. Si la différence est importante, demandez-vous si les frais de refinancement et les exigences en matière de test de résistance justifient les économies réalisées.
  • Signez le contrat de conversion : si vous décidez de poursuivre la procédure, votre prêteur vous enverra un contrat de conversion précisant le nouveau taux, la nouvelle durée et le nouveau calendrier de remboursement. Lisez-le attentivement avant de le signer.
  • Début des versements à taux fixe : votre nouveau taux fixe s'applique généralement à compter de votre prochaine date de paiement. Le montant de votre versement peut augmenter ou diminuer en fonction de la variation du taux.

Règles propres à chaque prêteur

Chaque prêteur applique des règles de conversion différentes. TD Canada Trust, par exemple, autorise la conversion d’un taux variable en taux fixe à tout moment, mais la nouvelle durée doit être d’au moins trois ans ou correspondre à la période restante, la durée la plus courte étant retenue. BMO propose la conversion sans frais, mais applique ses taux affichés en vigueur plutôt que des taux réduits.

Certains prêteurs limitent la conversion à des durées spécifiques ou exigent que vous optiez pour une durée égale ou supérieure à la durée restante de votre prêt. Avant de procéder à la conversion, vérifiez les conditions de votre prêteur ainsi que le taux exact qui vous sera appliqué. Les taux et les conditions peuvent varier d’un établissement financier à l’autre.

Coûts et éléments à prendre en compte

La plupart des prêteurs traitent les conversions de taux variable en taux fixe sans pénalité ni frais administratifs. Toutefois, le taux qui vous est proposé correspond généralement au taux fixe actuel affiché ou réduit par le prêteur, lequel peut être plus élevé que les taux proposés aux nouveaux emprunteurs ou ceux disponibles dans le cadre d’un refinancement.

Si vous optez plutôt pour un refinancement — c’est-à-dire si vous changez de prêteur pour bénéficier d’un taux fixe plus bas —, vous devrez faire face à des pénalités de remboursement anticipé, à des frais juridiques et, éventuellement, à des conditions d’éligibilité plus strictes. Les prêts hypothécaires à taux variable s’accompagnent généralement d’une pénalité correspondant à trois mois d’intérêts, ce qui est inférieur à la pénalité liée à la différence de taux d’intérêt (IRD) appliquée aux prêts hypothécaires à taux fixe.

Comparaison des pénalités

ScénarioPénalité variableAmende forfaitaire (IRD)
Solde de 500 000 $ à 4,00 %environ 5 000 $ (intérêts sur 3 mois)10 000 $ – 25 000 $ et plus (écart salarial)
Passage à un taux fixe (auprès du même prêteur)0 $N/A
Refinancement auprès d’un nouveau prêteurenviron 5 000 $ + frais de justice10 000 $ à 25 000 $ et plus + frais de justice

Modifications des modalités de paiement après la conversion

Lorsque vous passez d’un taux variable à un taux fixe, votre mensualité peut augmenter ou diminuer en fonction de la différence entre les deux taux. Si votre taux variable était de 3,35 % et que vous optez pour un taux fixe de 3,89 %, votre mensualité augmentera. Pour un prêt immobilier de 500 000 $ avec une durée restante de 25 ans, cela pourrait représenter un supplément de 150 à 200 $ par mois.

Avant de procéder à la conversion, demandez à votre prêteur une estimation des mensualités au nouveau taux fixe. Cela vous permettra de prévoir cette modification dans votre budget et d’évaluer si la stabilité ainsi obtenue justifie l’augmentation potentielle des coûts.

Contexte actuel du marché en 2026

En mars 2026, le meilleur taux variable sur cinq ans au Canada s’établit à environ 3,35 %, contre environ 3,89 % pour le meilleur taux fixe garanti sur cinq ans. Cet écart de 0,54 point de pourcentage est inférieur aux moyennes historiques, ce qui réduit les économies potentielles liées au maintien d’un taux variable.

En mars 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux de financement à un jour à 2,25 %, ce qui a permis de maintenir le taux préférentiel à 4,45 %. La Banque a laissé entendre que de nouvelles baisses étaient peu probables, à moins d’un affaiblissement de l’économie, ce qui signifie que les taux variables pourraient ne plus avoir beaucoup de marge de manœuvre pour baisser davantage.

Perspectives concernant les taux fixes

Au Canada, les taux hypothécaires fixes sont fixés en fonction des rendements des obligations du gouvernement canadien, et non du taux directeur de la Banque du Canada. Les rendements obligataires ont augmenté en raison des craintes liées à l’inflation mondiale et des pressions budgétaires, ce qui a entraîné une hausse des taux fixes alors même que le taux au jour le jour reste stable.

Le meilleur taux fixe sur cinq ans proposé par les assureurs est passé de 3,79 % en février 2026 à 3,94 % en mars 2026. Si les rendements obligataires continuent de grimper, les taux fixes actuels pourraient s’avérer plus avantageux que ceux qui seront proposés dans trois à six mois.

Exemple de comparaison des économies réalisées

Prenons l’exemple d’un prêt immobilier de 500 000 $ dont il reste 25 ans à rembourser. Si vous conservez un taux variable de 3,35 % et que les taux restent stables, vous pourriez économiser environ 9 660 $ sur cinq ans par rapport à un taux fixe de 3,89 %. Si votre taux variable augmente de 0,50 % au bout d’un an, vos économies tombent à environ 6 440 $.

Si votre taux variable augmente de 1,00 % au cours des deux prochaines années, le coût total de votre prêt pourrait dépasser celui d’un prêt à taux fixe. Votre décision dépend de votre estimation de l’évolution future des taux et de votre capacité à faire face à une hausse des mensualités si vos prévisions s’avèrent erronées. Pour obtenir des conseils personnalisés en matière de prêt immobilier, consultez nos ressources dédiées.

Conversion ou refinancement

Si votre prêteur actuel propose un taux fixe nettement supérieur aux taux pratiqués sur le marché, il peut être intéressant d’envisager un refinancement auprès d’un nouveau prêteur. Le refinancement consiste à remplacer votre prêt immobilier actuel par un nouveau, ce qui vous permet de bénéficier de taux plus bas ou de changer de prêteur.

Toutefois, le refinancement nécessite une nouvelle évaluation complète de votre admissibilité, y compris une vérification de vos revenus et un test de résistance hypothécaire. À compter de mars 2026, les emprunteurs devront satisfaire aux critères d’admissibilité au taux le plus élevé entre le taux d’admissibilité de la Banque du Canada (5,25 %) et leur taux contractuel majoré de 2 %. Si votre situation financière a changé depuis que vous avez contracté votre prêt hypothécaire, il se peut que vous ne soyez plus admissible.

Quand le refinancement est-il judicieux ?

  • Écart de taux significatif : si les taux fixes proposés par la concurrence sont inférieurs de 0,50 % ou plus au taux de conversion de votre prêteur, un refinancement pourrait vous faire économiser plusieurs milliers d'euros sur la durée du prêt.
  • Bonne solvabilité et revenus élevés : si votre cote de crédit et vos revenus se sont améliorés depuis que vous avez contracté votre prêt immobilier, vous pourriez bénéficier de meilleurs taux ailleurs.
  • Accéder à la valeur nette immobilière : le refinancement vous permet d'emprunter sur la valeur nette de votre logement pour financer des travaux de rénovation, regrouper vos dettes ou à d'autres fins, à hauteur de 80 % de la valeur de votre logement.

Quand la conversion est plus avantageuse

  • Faible écart de taux : si le taux de conversion proposé par votre prêteur se situe entre 0,20 % et 0,30 % par rapport aux taux du marché, la simplicité et l'absence de frais liés à la conversion peuvent l'emporter sur les économies réalisées grâce au refinancement.
  • Préoccupations liées au test de résistance : si vos revenus ont baissé ou si votre endettement a augmenté, vous risquez de ne pas remplir les conditions requises pour un refinancement compte tenu des critères actuels du test de résistance.
  • Rapidité et simplicité : la conversion prend une à deux semaines, sans formalités administratives ni frais juridiques. Le refinancement peut prendre quatre à huit semaines et implique des frais juridiques, des frais d'expertise et des frais de traitement de la demande.

En résumé

Le passage d’un prêt hypothécaire à taux variable à un prêt à taux fixe peut garantir la stabilité des mensualités et offrir une protection contre les hausses de taux futures. En mars 2026, l’écart réduit entre les taux variables et fixes — environ 0,54 point de pourcentage — signifie que le coût d’une fixation de taux est relativement modeste par rapport aux moyennes historiques.

Si vous privilégiez la prévisibilité de vos mensualités et pensez que la Banque du Canada maintiendra ou augmentera ses taux au cours de l’année à venir, opter dès maintenant pour un taux fixe pourrait s’avérer un choix judicieux. Si vous disposez d’une solide réserve financière et que vous anticipez de nouvelles baisses de taux, conserver un taux variable pourrait vous permettre de réduire vos coûts. L’essentiel est d’adapter votre décision à votre tolérance au risque, à la souplesse de votre budget et aux perspectives en matière de taux.

Avant de procéder à la conversion, vérifiez le taux de conversion, les restrictions relatives à la durée et les modifications apportées aux mensualités auprès de votre prêteur. Comparez ces conditions avec les taux du marché afin de déterminer si un refinancement pourrait vous être plus avantageux. Pour rester informé en permanence des taux hypothécaires et des stratégies financières, abonnez-vous à notre newsletter afin de ne rien manquer des évolutions du marché et des opportunités qui s’offrent à vous.

Passer d’un prêt hypothécaire à taux variable à un prêt hypothécaire à taux fixe – FAQ

Jean-Maximilien Voisine
L'auteur

Jean-Maximilien Voisine

L'infolettre

Les taux, le contexte, une conclusion.

VérifiéRédigé par Jean-Maximilien VoisineMis à jour le 8 juin 2026Intégrité éditoriale

Certains produits proviennent de nos partenaires. Consultez notre divulgation publicitaire.

Passer d'un prêt hypothécaire à taux variable à un prêt hypothécaire à taux fixe en toute sécurité | Ratesopedia