La création d’une entreprise au Canada nécessite des capitaux, et pour la plupart des entrepreneurs, l’obtention d’un prêt pour démarrer leur activité constitue le premier obstacle financier majeur. Que vous ouvriez un magasin de détail, lanciez une start-up technologique ou créiez un cabinet de conseil, savoir comment obtenir un prêt pour démarrer votre entreprise peut faire la différence entre une réussite et un échec avant même que votre projet ne voie le jour.
Le Canada propose plusieurs solutions de financement aux nouveaux entrepreneurs, allant des programmes soutenus par l’État qui réduisent le risque pour les prêteurs aux prêteurs alternatifs qui privilégient la rapidité plutôt que les antécédents de crédit. L’essentiel est de trouver le produit de prêt adapté à la phase de développement de votre entreprise, à votre profil de crédit et à votre calendrier de financement.
L’avis de Ratesopedia
Obtenir un prêt pour créer une entreprise au Canada est plus accessible que ne le pensent de nombreux entrepreneurs, notamment grâce à des programmes soutenus par le gouvernement tels que le Programme de financement des petites entreprises du Canada (PFPEC). Le PFPEC garantit jusqu’à 85 % des prêts, ce qui incite les banques à approuver plus volontiers les start-ups qui ne disposent pas d’un historique d’exploitation étendu. Toutefois, l’approbation nécessite toujours un excellent dossier de crédit personnel (généralement 680 ou plus), un plan d’affaires solide et des projections financières réalistes. Les entrepreneurs qui comprennent les exigences des prêteurs et préparent une documentation complète améliorent considérablement leurs chances d’obtenir les fonds dont ils ont besoin.
Qu’est-ce qu’un prêt à la création d’entreprise ?
Un prêt à la création d’entreprise est un financement accordé par un prêteur dans le but spécifique de lancer une nouvelle entreprise. Contrairement aux prêts destinés aux entreprises déjà établies, qui s’appuient sur l’historique d’exploitation et le chiffre d’affaires, les prêts à la création d’entreprise évaluent la solvabilité du fondateur, la qualité du plan d’affaires et le potentiel du marché.
Ces prêts servent généralement à financer les dépenses initiales auxquelles sont confrontées les nouvelles entreprises : la location de locaux commerciaux, l’achat d’équipements, le recrutement de personnel, l’achat de stocks et la prise en charge des frais d’exploitation pendant les premiers mois, avant que les recettes ne se stabilisent.
Au Canada, les prêts destinés aux start-ups vont de 5 000 dollars pour les micro-entreprises à plus d’un million de dollars pour les projets à forte intensité capitalistique. Le montant auquel vous pouvez prétendre dépend de votre profil financier personnel, de la qualité de votre plan d’affaires et des critères spécifiques du prêteur.
Programmes de prêts garantis par l’État
Financement des petites entreprises au Canada
Le Programme de financement des petites entreprises du Canada (PFPEC) est la solution soutenue par le gouvernement la plus accessible pour les nouveaux entrepreneurs. Le gouvernement fédéral garantit jusqu’à 85 % du prêt, ce qui réduit considérablement le risque pour les prêteurs et incite les banques à approuver plus facilement les demandes d’entreprises ne disposant pas d’un historique d’exploitation étendu.
| Fonctionnalité | Détails du CSBFP |
|---|---|
| Prêt à terme maximal | Jusqu’à 1 000 000 $ |
| Ligne de crédit maximale | Jusqu’à 150 000 $ |
| Équipement/Bail maximal | 500 000 $ |
| Taux d’intérêt (variable) | Taux de base + 3 % |
| Taux d’intérêt (fixe) | Taux hypothécaire résidentiel + 3 % |
| Frais d’inscription | 2 % du montant du prêt |
| Durée de remboursement | Jusqu’à 15 ans (biens immobiliers), 10 ans (équipements) |
| Besoins en recettes | Moins de 10 millions de dollars par an |
Ce programme couvre l’achat d’équipements, les aménagements locatifs, l’acquisition de biens immobiliers et le fonds de roulement. Les achats effectués dans les 365 jours précédant l’approbation du prêt peuvent bénéficier d’un financement rétroactif, ce qui aide les entreprises qui ont commencé à dépenser avant d’avoir obtenu l’approbation officielle.
Les demandes doivent être déposées auprès des établissements financiers participants, notamment toutes les grandes banques et la plupart des coopératives de crédit. Grâce à la garantie de l’État, il s’agit de l’un des moyens les moins risqués pour les start-ups d’accéder à des capitaux. Les taux et les conditions peuvent varier d’un établissement financier à l’autre.
Prêts bancaires pour le développement des entreprises
La Banque de développement du Canada (BDC) propose des prêts directs aux entreprises que les banques traditionnelles pourraient refuser. Contrairement au Programme de financement des petites entreprises (CSBFP), qui passe par les banques commerciales, la BDC accorde des prêts directement et adopte une approche plus souple en matière d’admissibilité.
- Prêt de démarrage : jusqu'à 250 000 $ pour les entreprises en activité depuis au moins 12 mois et générant des revenus.
- Prêt aux petites entreprises : jusqu'à 350 000 $ pour les entreprises établies justifiant de 24 mois d'historique de chiffre d'affaires et de rentabilité.
- Prêt à terme pour fonds de roulement : vient compléter les lignes de crédit existantes ; nécessite 24 mois de chiffre d'affaires et une solvabilité solide.
- Garantie de prêt « Accelerator » : jusqu'à 500 000 $ par l'intermédiaire des banques participantes ; l'entreprise doit être en activité depuis au moins 12 mois.
La BDC évalue la qualité du plan d’affaires, la capacité de génération de revenus et la solvabilité du fondateur. Elle est spécialisée dans le financement des technologies, les projets de transformation numérique et les entreprises qui investissent dans l’innovation ou l’expansion.
Financement bancaire traditionnel
Les grandes banques canadiennes — RBC, TD Bank, BMO, CIBC et Scotiabank — proposent les taux d’intérêt les plus bas, mais appliquent des critères d’éligibilité stricts. En matière de financement des entreprises, ces établissements accordent la priorité à des revenus réguliers, à une bonne solvabilité et à des garanties.
La plupart des banques exigent un score de solvabilité personnel d’au moins 680, des business plans étayés par des projections financières, et souvent des garanties personnelles ou des sûretés. Le processus d’évaluation des risques dure généralement entre deux et six semaines et implique un examen approfondi des documents fournis.
Les banques excellent dans la mise en œuvre du programme CSBFP, proposant des taux compétitifs dans le cadre défini par le gouvernement. En dehors du programme CSBFP, elles proposent des lignes de crédit aux entreprises, des prêts à terme et des prêts hypothécaires commerciaux dont les taux sont indexés sur le taux préférentiel.
Prêteurs alternatifs
Les prêteurs en ligne et alternatifs s’adressent aux entreprises qui ont besoin d’un financement plus rapide ou dont le profil de crédit ne répond pas aux critères des banques traditionnelles. Ces prêteurs privilégient la rapidité et la flexibilité plutôt que les taux les plus bas possibles.
Les délais de traitement varient entre 24 heures et une semaine. Les conditions minimales requises comprennent généralement une activité de six mois, un chiffre d’affaires mensuel supérieur à 10 000 dollars et un score de solvabilité d’au moins 550, bien qu’un score plus élevé permette d’obtenir de meilleures conditions et des taux plus avantageux.
| Type de prêteur | Fourchette de taux | Montant maximal | Délai de traitement | Cote de crédit minimale |
|---|---|---|---|---|
| Grandes banques (CSBFP) | Taux de base + 3 % (~5,25 %) | 1,15 million de dollars | 2 à 6 semaines | Plus de 680 |
| Coopératives de crédit | À l’instar des banques | Variable | 1 à 4 semaines | Plus de 650 |
| BDC | Compétitif, variable | plus de 500 000 $ | 1 à 3 semaines | Plus de 650 |
| Prêteurs en ligne | 7,99 % – 39,99 % | 100 000 $ – 800 000 $ | 24 à 72 heures | Plus de 550 |
| Avance de fonds aux commerçants | Rendement supérieur à 40 % | 400 000 $ | Le jour même – sous 48 heures | Pas de minimum |
La rapidité a toutefois un coût. Les prêteurs alternatifs pratiquent des taux nettement plus élevés que les programmes soutenus par l’État ou les banques traditionnelles. Ces produits conviennent particulièrement aux besoins à court terme ou aux situations où la rapidité prime sur le coût total de l’emprunt.
Conditions d’admissibilité
Les prêteurs évaluent les demandes de prêt destinées aux start-ups en fonction de plusieurs critères. Comprendre ces exigences vous aide à constituer un dossier plus solide et à choisir les prêteurs auprès desquels vous avez le plus de chances d’être retenu.
Cote de crédit personnelle
La solvabilité personnelle joue un rôle déterminant dans l’octroi d’un prêt aux start-ups, car ces nouvelles entreprises n’ont pas encore d’antécédents financiers. La plupart des prêteurs traditionnels exigent un score minimum compris entre 650 et 680, les scores supérieurs à 720 donnant droit aux meilleurs taux et conditions.
Les prêteurs alternatifs acceptent des cotes de crédit moins élevées, mais compensent cela par des taux plus élevés. Certains prestataires d’avances de trésorerie aux commerçants ne vérifient pas du tout la solvabilité, mais se concentrent plutôt sur le chiffre d’affaires mensuel et l’activité du compte bancaire.
Qualité du plan d’affaires
Les start-ups doivent démontrer la viabilité de leur projet sur le marché au moyen de plans d’affaires détaillés. Les prêteurs souhaitent disposer d’études de marché, d’analyses de la concurrence, de projections financières détaillées et d’une feuille de route claire vers la rentabilité.
- Résumé : Présentation d'une page de votre modèle économique, de votre marché cible et de votre demande de financement
- Analyse de marché : étude approfondie portant sur la taille du secteur, les tendances de croissance et les caractéristiques démographiques de la clientèle cible
- Prévisions financières : prévisions de chiffre d'affaires sur trois ans, budgets de dépenses et tableaux de flux de trésorerie
- Équipe de direction : parcours des fondateurs, expérience pertinente et qualifications des principaux membres
- Utilisation des fonds : ventilation détaillée de la manière dont les fonds empruntés seront affectés
Garanties réelles et personnelles
De nombreux prêts destinés aux start-ups exigent des garanties personnelles, ce qui signifie que les fondateurs s’engagent personnellement à rembourser le prêt en cas d’échec de l’entreprise. Certains prêteurs exigent également des garanties telles que du matériel, des stocks, des biens immobiliers ou des biens personnels.
Le programme CSBFP exige des garanties personnelles pouvant atteindre 25 % du montant du prêt. Les prêts non garantis accordés par des prêteurs alternatifs peuvent ne pas nécessiter de garantie, mais sont assortis de taux d’intérêt plus élevés afin de compenser le risque supplémentaire.
Comment postuler avec succès
La réussite d’une demande dépend de la préparation, de la qualité des documents fournis et de l’adéquation entre votre profil d’entreprise et le prêteur approprié. Commencez par rassembler les documents requis avant d’entamer les démarches officielles.
- Pièce d'identité : une pièce d'identité avec photo délivrée par les autorités publiques pour tous les chefs d'entreprise et les garants
- Enregistrement d'une entreprise : statuts, contrats de société ou enregistrement d'une entreprise individuelle
- États financiers : déclarations fiscales personnelles (2 ans), état du patrimoine personnel, prévisions financières de l'entreprise
- Plan d'affaires : plan d'affaires complet comprenant une analyse de marché, des prévisions financières et le profil des dirigeants
- Pièces justificatives : contrats de location, devis d'équipement, contrats avec les fournisseurs ou contrats de franchise
Adressez-vous à un seul prêteur à la fois plutôt que de déposer plusieurs demandes simultanément. Chaque demande officielle donne lieu à une consultation approfondie de votre dossier de crédit, et un nombre trop élevé de consultations sur une courte période peut faire baisser votre cote de crédit et donner l’impression aux prêteurs que vous êtes désespéré.
Motifs courants de refus
Comprendre les raisons pour lesquelles les candidatures sont rejetées vous aide à remédier à vos points faibles avant de postuler. Les motifs de refus les plus courants peuvent être évités grâce à une bonne préparation.
- Antécédents de crédit insuffisants : cotes de crédit inférieures aux seuils minimaux fixés par les prêteurs ou mentions négatives récentes, telles que des recouvrements ou des faillites
- Un plan d'affaires insuffisant : des prévisions financières imprécises, une étude de marché incomplète ou des hypothèses de chiffre d'affaires irréalistes
- Investissement en capital insuffisant : les prêteurs souhaitent que les fondateurs apportent des fonds propres, généralement à hauteur de 10 à 25 % du coût total du projet
- Préoccupations liées à la trésorerie : les prévisions indiquent que les recettes ne suffiront pas à couvrir les remboursements de prêt et les frais d'exploitation
- Risques sectoriels : certains prêteurs évitent les secteurs à haut risque, tels que la restauration, le commerce de détail ou les secteurs présentant des taux de faillite élevés
En cas de refus, demandez des commentaires précis au prêteur. De nombreux refus peuvent être évités en améliorant les pièces justificatives, en apportant un apport personnel supplémentaire ou en réglant les problèmes de solvabilité avant de présenter une nouvelle demande.
Programmes provinciaux
Au-delà des programmes fédéraux, la plupart des provinces proposent des initiatives de financement régionales axées sur le développement économique local. Ces programmes s’adressent souvent à des secteurs spécifiques, à des entrepreneurs issus de groupes sous-représentés ou à des entreprises rurales.
La subvention de soutien aux petites entreprises de l’Ontario, le programme Alberta Innovates et la société InBC Investment Corp de la Colombie-Britannique fournissent tous des capitaux aux entreprises qui répondent à des critères régionaux. Au Québec, le Fonds d’emprunt des PME propose des prêts à des taux inférieurs à ceux du marché aux entreprises des secteurs manufacturier et agro-technologique.
Les organismes Community Futures sont présents dans l’ensemble des zones rurales du Canada ; ils accordent des prêts pouvant aller jusqu’à 150 000 dollars et offrent un accompagnement en matière de planification d’entreprise ainsi que du mentorat. Ces prêteurs à but non lucratif accordent la priorité à l’impact économique sur la communauté au même titre qu’aux rendements financiers.
Augmenter les chances d’obtenir une autorisation
Plusieurs mesures stratégiques vous permettent d’augmenter vos chances d’obtenir un accord et d’améliorer les conditions qui vous seront proposées. Concentrez-vous sur le renforcement des points que les prêteurs évaluent le plus rigoureusement.
- Commencez par améliorer votre solvabilité : si votre cote de crédit est inférieure à 680, consacrez 6 à 12 mois à l'améliorer avant de faire votre demande
- Augmenter la contribution personnelle : le fait de financer 20 à 25 % des coûts du projet sur ses fonds propres témoigne d'un engagement
- Commandes fermes : les accords de prévente, les contrats ou les lettres d'intention attestent de la demande du marché pour votre produit ou service
- Séparation des comptes bancaires professionnels : la gestion d'un compte bancaire dédié à votre activité témoigne d'une gestion financière professionnelle
- Consultez des conseillers spécialisés : Business Link Alberta et d'autres services provinciaux similaires proposent une aide gratuite pour l'examen et la préparation des demandes
Envisagez de commencer par un montant de prêt inférieur à vos besoins totaux. Le remboursement sans encombre d’un premier prêt de 25 000 à 50 000 dollars vous permettra de vous constituer une solvabilité professionnelle et d’établir des relations avec les prêteurs, ce qui facilitera l’obtention de prêts plus importants à l’avenir.
Alternatives aux prêts traditionnels
Les prêts ne sont pas la seule solution pour obtenir un capital de démarrage. Il existe plusieurs alternatives qui permettent d’obtenir un financement sans obligation de remboursement mensuel ni frais d’intérêt.
Le Programme d’adoption des technologies numériques du Canada offre des subventions pouvant atteindre 15 000 $ pour l’adoption de technologies numériques, ainsi que des prêts sans intérêt de la BDC pouvant aller jusqu’à 100 000 $ pour la mise en œuvre. CanExport accorde jusqu’à 50 000 $ par marché pour l’expansion internationale.
Futurpreneur Canada propose aux entrepreneurs âgés de 18 à 39 ans des prêts pouvant atteindre 75 000 dollars, associés à un accompagnement par des professionnels expérimentés du monde des affaires. Ce programme s’adresse aux jeunes créateurs d’entreprise qui ne disposent pas nécessairement des antécédents de crédit ou des garanties exigés par les prêteurs traditionnels.
Pour les entreprises présentant un fort potentiel de chiffre d’affaires mais disposant d’un historique de crédit limité, un financement par capitaux propres auprès d’investisseurs providentiels ou de fonds de capital-risque peut s’avérer approprié. Ce type de financement consiste à céder une participation en échange de capitaux sans obligation de remboursement, même s’il entraîne une dilution du contrôle exercé par le fondateur.
En résumé
Il est tout à fait possible d’obtenir un prêt pour créer une entreprise au Canada, à condition de bien connaître le contexte et de s’y préparer en conséquence. Des programmes soutenus par le gouvernement, tels que le Programme de financement des petites entreprises (CSBFP), offrent des solutions de financement accessibles et à faible taux d’intérêt aux start-ups dont le chiffre d’affaires prévisionnel est inférieur à 10 millions de dollars. La BDC s’adresse aux entreprises ayant entre 12 et 24 mois d’activité qui ont besoin de conditions flexibles ou qui se sont vu refuser un prêt par les banques traditionnelles.
Pour réussir, il faut disposer d’une excellente solvabilité personnelle (680 ou plus pour les prêteurs traditionnels), d’un plan d’affaires détaillé assorti de prévisions financières réalistes, ainsi que d’un apport personnel suffisant. Les programmes soutenus par l’État offrent les taux les plus bas, tandis que les prêteurs alternatifs garantissent rapidité et flexibilité, mais à un coût plus élevé.
Avant de faire votre demande, comparez plusieurs options afin de déterminer celle qui correspond le mieux au stade de développement de votre entreprise, à votre profil de crédit et à votre calendrier. Pour obtenir des conseils sur la gestion des finances de votre entreprise une fois le financement obtenu, consultez notre comparatif des cartes de crédit professionnelles et inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir des avis d’experts sur les produits financiers destinés aux entrepreneurs.
