Obligations au Canada : fonctionnement et rendements


Les obligations au Canada vous versent un intérêt fixe en échange d'un prêt à un gouvernement ou à une entreprise. Au 20 octobre 2026, les plus récentes données de la Banque du Canada placent le rendement de l'obligation du gouvernement du Canada à 5 ans à 3,54 %. C'est nettement plus que le taux directeur de 2,25 %, ce qui explique le retour des obligations dans les portefeuilles d'épargnants. Ce guide fait partie de notre section investissement.
Vous verrez comment une obligation vous paie, pourquoi son prix bouge et en quoi un FNB d'obligations diffère d'une obligation détenue seule. Nous comparons aussi les obligations aux CPG, expliquons ce qu'il est advenu des Obligations d'épargne du Canada et présentons les obligations d'Épargne Placements Québec, toujours offertes.
Une obligation est un prêt. Vous remettez à l'émetteur une somme, appelée valeur nominale, et l'émetteur s'engage à deux choses : vous verser des intérêts réguliers (le coupon) et vous rembourser la valeur nominale à l'échéance. Les obligations du gouvernement du Canada versent leur coupon deux fois par année.
Trois grands types d'émetteurs dominent le marché canadien :
Le risque de crédit dépend de l'emprunteur. Une obligation fédérale est garantie par le gouvernement du Canada. Une obligation de société ne vaut que la solidité de l'entreprise qui l'émet, d'où les cotes attribuées par les agences de notation.
Le coupon est fixé à l'émission. Une obligation de 1 000 $ avec un coupon de 3 % rapporte 30 $ par année, souvent en deux versements de 15 $. À l'échéance, vous récupérez vos 1 000 $, à condition que l'émetteur ne fasse pas défaut.
Les échéances vont de quelques mois (bons du Trésor) à 30 ans ou plus. En général, plus l'échéance est longue, plus le rendement est élevé, car votre argent est immobilisé plus longtemps et son prix fluctue davantage en cours de route.
La Banque du Canada publie chaque jour ouvrable les rendements des obligations de référence. Ils indiquent ce que le marché exige pour prêter à Ottawa selon la durée, et ils servent d'ancrage aux taux des CPG, des prêts hypothécaires et des obligations de sociétés.
Les chiffres ci-dessous sont les plus récents disponibles le 20 octobre 2026, soit ceux de la clôture du 16 octobre 2026.
| Échéance | Rendement de référence |
|---|---|
| 2 ans | 3,21 % |
| 3 ans | 3,32 % |
| 5 ans | 3,54 % |
| 7 ans | 3,61 % |
| 10 ans | 3,84 % |
| Long terme | 4,18 % |
La courbe est ascendante : plus l'échéance est longue, plus le rendement est élevé. La prochaine annonce de taux de la Banque du Canada est prévue le 28 octobre 2026, et ce sont surtout les rendements à court terme qui réagissent à cette décision.
Le prix d'une obligation et son rendement évoluent en sens inverse. Quand les taux du marché montent, les obligations existantes, qui versent un coupon plus faible, deviennent moins intéressantes : leur prix baisse jusqu'à ce que leur rendement rejoigne celui du marché. Quand les taux baissent, les anciennes obligations à coupon plus élevé prennent de la valeur.
Prenons un exemple simple, avec un coupon annuel. Vous achetez à 100 $ une obligation de 10 ans qui verse un coupon de 3 %. Si le rendement d'obligations comparables grimpe à 4 % le lendemain, son prix tombe à environ 92 $ par tranche de 100 $ de valeur nominale. S'il descend plutôt à 2 %, son prix monte à environ 109 $.
Si vous conservez l'obligation jusqu'à son échéance, ces variations de prix ne changent rien à ce que vous recevez. Vous touchez chaque coupon et récupérez la valeur nominale. Le risque de prix compte surtout si vous devez vendre avant terme, ou si vous détenez un fonds d'obligations qui n'arrive jamais à échéance.
La durée (ou duration) mesure cette sensibilité. Une obligation ou un fonds dont la durée est de 7 ans perd environ 7 % de sa valeur si les taux montent de 1 point de pourcentage. Les obligations à court terme ont une durée faible; celles à long terme, une durée élevée.
Beaucoup d'investisseurs achètent leurs obligations par l'entremise d'un fonds négocié en bourse (FNB) plutôt qu'une à la fois. Un FNB d'obligations détient des centaines de titres et se négocie en bourse comme une action, chez n'importe quel courtier en ligne. Si ces fonds sont nouveaux pour vous, commencez par notre guide qu'est-ce qu'un FNB.
Le compromis est simple. Un FNB vous donne une diversification immédiate et se transige facilement, mais il n'a pas d'échéance et facture un ratio de frais de gestion (RFG) annuel. Une obligation individuelle a une date de fin connue et un rendement connu si vous la gardez jusqu'au bout, mais l'acheter à bon prix chez un courtier demande plus d'effort.
Les Obligations d'épargne du Canada n'existent plus comme produit d'épargne. Le gouvernement fédéral a cessé de les vendre en novembre 2017, à la suite du budget de 2017. La Banque du Canada précise que, depuis décembre 2021, toutes les Obligations d'épargne du Canada et Obligations à prime du Canada sont arrivées à échéance et ne rapportent plus d'intérêts.
Si vous détenez encore un certificat papier, il ne fructifie plus. Vous pouvez l'encaisser auprès de votre institution financière en présentant le certificat échu. La page des obligations non réclamées de la Banque du Canada explique la marche à suivre.
Épargne Placements Québec, qui relève du gouvernement du Québec, vend toujours des produits d'épargne au 20 octobre 2026. Ses produits sont pleinement garantis par le gouvernement du Québec, sans frais de gestion ni d'administration, et réservés aux résidents du Québec.
Taux en vigueur depuis le 1er octobre 2026, selon sa page des taux :
Ces produits peuvent être détenus dans un CELI, un REER, un CELIAPP et d'autres comptes enregistrés offerts par Épargne Placements Québec. Comparez-les aux rendements fédéraux et aux CPG bancaires avant de vous engager.
Un CPG (certificat de placement garanti) et une obligation versent tous deux un taux fixe pour une durée fixe. La différence tient à qui garantit votre argent et à la possibilité de vendre avant l'échéance. Notre guide qu'est-ce qu'un CPG détaille le côté CPG.
Un CPG non rachetable bloque votre argent jusqu'à l'échéance, mais sa valeur ne bouge jamais. Une obligation se vend n'importe quel jour ouvrable, mais au prix du marché ce jour-là, qui peut être inférieur à votre prix d'achat. La SADC protège les CPG des institutions membres jusqu'à 100 000 $ par catégorie assurée; elle ne couvre pas les obligations.
| Caractéristique | Obligation du gouvernement du Canada | Obligation de société | CPG |
|---|---|---|---|
| Qui la garantit | Le gouvernement du Canada | L'entreprise émettrice | La banque émettrice, plus la SADC jusqu'à 100 000 $ par catégorie assurée |
| Vente avant l'échéance | Oui, au prix du marché | Oui, au prix du marché, parfois avec un écart plus large | Seulement si le CPG est encaissable ou rachetable |
| Valeur avant l'échéance | Varie avec les taux d'intérêt | Varie avec les taux et le crédit de l'émetteur | Fixe |
| Durées courantes | De quelques mois à 30 ans ou plus | De quelques années à 30 ans ou plus | Généralement de 1 à 5 ans, parfois plus |
| Impôt sur l'intérêt hors compte enregistré | Imposé comme un revenu | Imposé comme un revenu | Imposé comme un revenu |
Si vous comptez garder votre placement jusqu'à l'échéance et rester sous les plafonds de la SADC, le CPG est souvent plus simple. Comparez le taux d'un CPG avec le rendement de l'obligation fédérale de même durée dans le tableau plus haut. Consultez les offres actuelles dans notre palmarès des meilleurs taux de CPG au Canada et estimez vos intérêts avec le calculateur de rendement de CPG.
L'obligation est plus logique pour des montants supérieurs aux plafonds de la SADC, pour des durées plus longues que la plupart des CPG, ou si vous voulez pouvoir vendre avant terme. Un FNB d'obligations reste aussi l'outil classique pour équilibrer les actions dans un portefeuille diversifié.
Hors d'un compte enregistré, l'intérêt d'une obligation est imposé comme un revenu ordinaire à votre taux marginal, comme l'intérêt d'un CPG. Si vous vendez une obligation ou un FNB d'obligations plus cher que votre prix d'achat, la moitié du gain est imposable, selon le taux d'inclusion actuel de 50 % des gains en capital. Notre guide sur l'impôt sur les gains en capital au Canada explique le calcul.
Comme l'intérêt est plus lourdement imposé que les gains en capital ou les dividendes canadiens, beaucoup d'investisseurs détiennent leurs obligations dans un CELI ou un REER. Dans un CELI, l'intérêt croît à l'abri de l'impôt; notre guide du CELI précise les droits de cotisation de 2026.
Les obligations au Canada vous offrent un revenu fixe avec une date de fin connue, à des rendements de 3,21 % à 4,18 % pour les obligations du gouvernement du Canada au 20 octobre 2026. Si vous les gardez jusqu'à l'échéance, vous savez exactement ce que vous toucherez. Si vous vendez avant, les taux peuvent jouer pour ou contre vous.
Pour la plupart des épargnants, le choix se résume à trois outils : le CPG pour une épargne simple et assurée, l'obligation individuelle pour un objectif fixe à une date fixe, et le FNB d'obligations pour un portefeuille à long terme. Comparez les trois avant de choisir, et utilisez le calculateur d'intérêts composés pour mesurer l'effet d'un écart de rendement.
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Les obligations du gouvernement du Canada présentent un risque de défaut très faible, puisqu'elles sont garanties par le fédéral. Leur prix peut tout de même baisser si les taux montent, et vous pouvez perdre de l'argent en vendant avant l'échéance. Les obligations de sociétés ajoutent un risque de défaut au risque de taux. Si vous voulez une valeur qui ne bouge jamais, le CPG convient mieux; comparez les offres dans notre palmarès des meilleurs CPG.
Non. Le gouvernement fédéral a cessé de vendre les Obligations d'épargne du Canada en novembre 2017, et la Banque du Canada indique qu'elles ont toutes cessé de rapporter des intérêts depuis décembre 2021. Si vous avez un ancien certificat, encaissez-le auprès de votre institution financière. Pour un produit garanti semblable aujourd'hui, tournez-vous vers les CPG ou, si vous habitez au Québec, vers les obligations d'Épargne Placements Québec.
Le coupon est le taux d'intérêt fixé à l'émission, appliqué à la valeur nominale. Le rendement est ce que vous obtenez réellement selon le prix que vous payez aujourd'hui. Si vous achetez une obligation sous sa valeur nominale, votre rendement dépasse le coupon; au-dessus, il est inférieur. Notre section investissement regroupe d'autres guides sur les revenus fixes.
Un FNB d'obligations convient à un portefeuille à long terme où vous cherchez la diversification et la facilité de transaction. Les obligations individuelles conviennent à un objectif fixe à une date fixe, puisque vous connaissez votre rendement si vous les gardez jusqu'au bout. Un FNB d'obligations n'arrive jamais à échéance, donc sa valeur continue de suivre les taux. Vous pouvez acheter les deux chez un courtier en ligne.
Non. La SADC protège les dépôts comme les CPG et autres dépôts à terme jusqu'à 100 000 $ par catégorie assurée dans les institutions membres, et elle range les obligations parmi les produits non couverts. Les obligations détenues chez un courtier membre du FCPE sont protégées si la firme devient insolvable, mais pas contre une baisse de leur valeur. Notre guide qu'est-ce qu'un CPG explique l'assurance-dépôts.
L'intérêt d'une obligation est entièrement imposable hors d'un compte enregistré, donc l'abriter est généralement avantageux. Le CELI laisse l'intérêt croître sans impôt et permet des retraits en tout temps. Le REER reporte l'impôt jusqu'au retrait et vous donne une déduction aujourd'hui. Notre guide du CELI présente les plafonds de 2026.
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